D’après la Constitution de Monaco de 1962, seul le français est langue officielle et à ce titre, tous les documents officiels des institutions politiques et judiciaires sont publiés dans cette langue.
C’est également la langue dominante de la Principauté, parlée par environ 58 % de la population.
Du fait de la diversité de la population, l’italien et l’anglais sont aussi communément compris et parlés.
La languemonégasque, appelée ligure monégasque (munegascu), dont le nombre de locuteurs est estimé entre 5 000et 5 100(principalement des personnes agées), est proche de l’intémélien, le parler de Vintimille.
Le monégasque est parlé depuis le Moyen Âge (XIIIe siècle), lorsque les Génois se sont établis à Monaco pour en faire une place forte et ont fait appel à des Vintimillois.
Les premières traces de textes en cette langue remontent à 1484 dans un extrait des brèves notariales de Jean de Porta.
Au XIXe siècle, environ un millier de personnes parlait le monégasquemais l’usage quotidien de cette langue a beaucoup reculé après la Seconde Guerre mondiale et le monégasque, parlé uniquement par une vingtaine de personnes dans les années 1960-70, était considéré comme en voie d’extinction.
Afin d’endiguer ce déclin, l’enseignement du monégasque est devenu obligatoire dans les écoles primaires publiques de la Principauté en 1976, grâce à une initiative du prince Rainier III. En 1988, l’enseignement du monégasque est devenu obligatoire dans les écoles primaires privées, puis jusqu’en 5e en 1998.
Il reste facultatif au-delà. . La réintroduction et l’utilisation du ligure monégasque dans la vie courante est également un outil d’affirmation de l’identité de Monaco, notamment grâce au Comité des Traditions Monégasques qui a souhaité des aménagements linguistiques dans la ville et a obtenu, à l’instar de nombreuses autres villes qui pratiquent un double affichage français / langue régionale, que les panneaux indiquant l’entrée de la ville portent les inscriptions "Principauté de Monaco / Principatu de Mùnegu".
Le territoire de Monaco est un îlot linguistique en domaine occitan. Le monégasque est d’ailleurs une langue à base du génois de l'ouest encore en usage en Ligurie surtout vers Vintimille mais influencée par l’occitan alpin. Les attestations certaines de l’occitan à Monaco datent des XIXe et XXe siècles. La présence de l’occitan dans ses dialectes vivaroalpin et niçois a été établie dans les années 1940par Raymond Arveiller.
Une vingtaine de foyers de locuteurs originaires de Nice et des communes alpines maritimes limitrophes de Monaco : Cap d'Ail, Beausoleil, La Turbie, Roquebrune-Cap Martin et établis dans les quartiers de La Condamine et Monte-Carlo.
Il faut remarquer que l'ancienne Principauté de Monaco comprenait trois communes : Monaco, Roquebrune-Cap Martin et Menton.
Ces deux communes qui pratiquent le parler alpin maritime de l'occitan vivaroalpin (appelés rocabrunasc et mentonasc) ont participé au brassage de la population de Monaco (par échanges commerciaux, marchés et par mariages principalement).
Ainsi, la population de la Principauté d'avant 1860 a pratiqué conjointement les deux langues (monégasque et occitan). Ces communes ont été annexées à la France en 1860 comme le Comté de Nice.
Il existe une troisième langue, intermédiaire entre le monégasque officiel appris à l'école et l'occitan alpin maritime, le monéguier, d'autres l'appellent "patois de la rue".
Cette langue mélange les apports historiques monégasques, occitans mais aussi issus de l'immigration -par la construction de Monte Carlo et du chemin de fer notamment- comme le piémontais (de la montagne, occitan lui-même ou de la plaine, le piemonteis) ou le génois du pays de Ventimille tout proche.
Enfin, il a existé des îlots liguriens en Provence orientale -le figoun, disparu aujourd'hui- dans les communes de Biot et Vallauris, aux environs d'Antibes, Escragnoles à l'ouest de Grasse et Mons dans le Var. C'étaient des colonies liguriennes de repeuplement en terre provençale aux XVe et XVIe siècles venues afin de faire revivre ces villages victimes de la peste et des guerres de religion.
D'après P. Bec : La langue occitane (collection Que sais-je ? n°1059), 1963, 6e édition corrigée, 1995, 128 pages, PUF, Paris. Ces parlers étaient très proches du monégasque d'aujourd'hui.